Le démon du Midi

Publié le par Lucien

    En général, j’évite de faire dans la femme mariée. Trop compliquée, peu disponible, aigrie par la routine et usée par de multiples grossesses, je ne tiens pas spécialement à gaspiller mon temps libre pour pister de pâles copies de mon quotidien.
    Celle-ci, c’était du lourd ! La quarantaine bien tassée, mariée depuis quinze ans, trois gosses, amoureuse de son mari, une petite vie bourgeoise bien réglée et bien chiante. Le profil idéal pour tenter l’aventure blog et faire bander le jeune célibataire priapique entre deux programmes de lave-linge. On distille quelques photos d’une anatomie plutôt bien conservée, on légende le tout de quelques fadaises à visée coquine mais jamais vulgaire, on évite de mentionner mari et enfants pour ne pas faire chuter les stats, et on allume à tout va. Feu à volonté !

    Je suis tombé dans le panneau comme un bleu. Nous sommes rapidement passés d’amants virtuels à complices de toujours. Ses confidences intimes m’éloignaient de jour en jour d’une éventuelle possibilité de baise. Allez baiser une amie d’enfance, c’est impossible ! La frustration était d’autant plus grande que l’amie d’enfance en question, je n’en avais jamais vu la couleur et que pendant ce temps, elle continuait à chauffer les nouveaux arrivants.

    Arriva le temps où les conversations n’avaient plus du tout le goût du cul. J’avais sous les yeux une fougueuse quadra en lingerie fine qui me parlait de l’otite du petit dernier ou du redoublement envisageable de la grande.
    - Bon, je te laisse, il faut que je file chez le dentiste pour faire poser l’appareil dentaire de ma puce.
    - Et sinon, t’as pas une autre formule pour que je me finisse ? J’y étais presque !


    L’occasion était inopinée. Ma chaudasse apprivoisée devait venir passer ses congés payés non loin de chez moi avec Monsieur et la marmaille. Pas très glamour mais mieux que rien. Je lui avais laissé le choix dans la date à défaut du doigt dans la chatte. Pour la peine, je fixais le lieu de rendez-vous non loin d’une plage échangiste où j’avais mes habitudes. Ça tombait bien, elle rêvait depuis longtemps de pratiquer le cul nu, mais avec les enfants, tu comprends, c’est pas facile. Pour le côté échangiste, je préférais lui laisser la surprise, la routine commençait à ruiner notre non-couple à petit feu.

    À force de ne plus la regarder avec mes yeux de jeune courtisan, j’en avais oublié qu’elle pouvait être encore si désirable malgré son âge. Notre arrivée fut ponctuée de regards bisexuels gourmands et de débuts d’érections timides. J’avais beau présenter mon nouveau couple illégitime, comme bon nombre de queutards ici présents, je dois dire que j’en retirais une certaine fierté non dissimulée.

    Ce que j’ai eu le plus de mal à dissimuler, c’est une trique béton lorsqu’elle m’a demandé de lui badigeonner le dos de crème solaire. Je ne savais plus comment me contorsionner pour ne pas lui planter mon organe turgescent dans le creux de la cuisse ou le bas des reins. Même pas un malheureux string pour coincer cette honteuse gaule derrière un morceau d’élastique. Ça commençait à pouffer sévère chez nos voisins de serviette qui n’avaient rien trouvé de mieux que de venir s’installer à quelques encablures de bites. Comment leur expliquer que j’étais en train de caresser l’un des dos les plus célèbres du net, celui de la mère de famille aux cent amants, celui qui était en train de faire jouir des dizaines d’internautes cloués chez eux aux quatre coins de la France libertine.

    J’avais encore les mains moites de crème et la queue engourdie lorsque son portable vibra au fond de son sac en osier sur l’air de cette mauvaise reprise du Troisième sexe d’Indochine.
    - Je suis désolé, mais je dois te laisser. J’avais complètement oublié qu’on devait amener les enfants faire du poney. Y’a un cirque qui s’est installé pour la semaine prés de notre résidence et ils sont comme fous depuis.

    Je n’ai même pas eu le temps de la voir dégager, ni même de savourer le baiser furtif qu’elle m’adressa du bout des lèvres, unique scène de sexe partagée en presque un an de dialogues de moins en moins torrides.
    Heureusement pour elle, la pouffiasse d’à côté s’était arrêtée de pouffer en voyant ma tronche décatie et ma bite qui désenflait à vue d’œil. J’étais fin prêt à massacrer sur place le premier bourrin venu qui aurait osé balancer une vanne douteuse à base de poneys.

    Par principe, elle me laissa un message dans la soirée pour s’excuser sans réelle conviction. En arrière-plan, j’arrivais à percevoir des cris d’enfants et des bruits de manèges. Rien qui ne pouvait conditionner une ébauche de branlette ou au mieux un sommeil agité. À peine le fond sonore routinier qui berçait ma vie depuis ce jour où j’avais découvert son existence au hasard d’un lien hypersexe

Publié dans Mixages

Commenter cet article

Orages 03/09/2007 23:18

En ... plus sexe en tout cas :)
C'est du vé-cul ?
---> ok, je sors...
 
 

Lucien 04/09/2007 09:29

Le dernier est pas trop sexe justement !C'est plutôt du vieux cul !(ok, je sors avec toi)

Orages 03/09/2007 22:03

Tu as changé de style depuis la dernière fois ?
 
 

Lucien 03/09/2007 23:01

Ah bon ?En mieux ou en pire ?

Thea_O_ 03/09/2007 20:24

Ah... quand les virtualités imprécises se confrontent à la triste réalité...
pas trop de coups de soleils ?
Mes sourires..

Lucien 03/09/2007 23:01

Je ne vous le fais pas dire !

Miss N. 03/09/2007 19:52

Va falloir passer à la caisse alors sinon je vais te les calmer autrement tes ardeurs...

Miss N. 03/09/2007 14:04

Pfff ! Juste la sonnerie du portable ? Oh va falloir cesser de penser à toutes les musiques has been lorsque tu penses à moi !

Lucien 03/09/2007 19:14

En même temps, quand je pense à toi, je suis bien obligé de penser à ce genre de grosses daubes pour calmer mes ardeurs...