Doubles jeux

Publié le par Lucien

    Cette fois-ci, c’était à moi de venir la voir. Elle avait finalement réussi à me motiver suffisamment pour me convaincre de subir les quatre heures de train qui nous séparaient. Ces derniers temps, nous avions beaucoup fait l’amour par téléphone, MSN Messenger ne pouvant plus grand chose face à nos ardeurs. J’avais même réussi à jouir par deux fois pour de vrai, le reste du temps, je simulais mollement pour accompagner ses orgasmes virtuels. La première fois, elle m’avait suggéré l’idée de faire ça à trois avec un inconnu. La seconde, elle avait bien voulu accepter ma proposition de l’amener en club libertin, juste pour voir. La veille encore, elle m’exposait la liste des petites bricoles qu’elle s’était offertes pour les soldes. Elle m’avait certifié que j’adorerais ce petit haut noir en voilage transparent, cette petite jupe moulante en simili-skaï et ces sandales hautes argentées incrustées de strass. Elle connaissait maintenant parfaitement mes goûts pour le vulgaire à usage unique.

    En sortant de la gare, je scrute le trottoir qui me fait face et ne tarde pas à la repérer parmi d’autres. Elle respecte à la lettre la mission que je lui avais confiée. Ses derniers achats sont fidèles à l’image que je m’en étais faite par téléphone et semblent parfaitement adaptés à la situation. Quelques piétons l’accostent discrètement entre deux interpellations provenant de voitures qui patrouillent au ralenti. Elle ne m’avait pas menti. Comme dans la plupart de ces petites villes de province, le quartier chaud nargue la gare SNCF de ses néons blafards et de ses putes défraîchies.
    Je l’observe de loin durant cinq bonnes minutes puis interviens à temps avant que ses refus répétés ne commencent à devenir suspects. Les autres clients ne comprennent pas trop pourquoi elle part avec moi et non avec eux. Ils se rassureront sûrement en pensant que je devais venir ramasser les compteurs. Sans un mot, elle m’amène jusqu’à sa voiture, une Audi A3 noire fraîchement passée aux rouleaux, puis toujours sans un mot, elle me conduit jusqu’à la destination qu’elle m’avait longuement décrite.

    Le sous-bois est désert en cette fin d’après-midi de fin de semaine. Le plan se passe comme prévu. Je sors de la voiture puis l’agrippe par la crinière en la traînant jusqu’au capot avant sur lequel elle s’avachit en écartant les cuisses et en me tendant son petit cul cambré. Je lui arrache d’un coup sec sa culotte en coton et n’ai même pas besoin de relever sa micro-jupe pour apercevoir son fion. La préparation est sommaire, un doigt, puis deux. Elle est prête. Sa chatte suinte, mais ne m’intéresse pas. Je veux la prendre comme la vulgaire chienne qui écume les sites de dialogues instantanés en allumant tout ce qui bouge. Je veux tester sa fiabilité à dévirtualiser son image de pute numérique. Je veux la pousser dans ses ultimes retranchements pour m’assurer qu’elle est bien réelle et que je ne suis pas en train de me taper son avatar. À la longue, j’ai appris à me méfier des filles qui affirment avoir baisé tous leurs contacts. Celle-ci ne trichait pas.
    Dans son long et subtil Cunniculum Vitae à tuer dans l’œuf toute velléité romantique, elle m’avait précisé qu’elle aimait bien qu’on la traite et qu’on la moleste un peu. Elle affirmait tolérer le tirage de cheveux et la fessée, mais n’était pas trop fan de sodomie et d’éjacs faciales abondantes. Ça tombe bien, c’est exactement le programme que je m’étais imaginé durant ces quatre heures de train interminables.
    Elle avait bien fait de me faire une liste exhaustive. Le tirage de cheveux et la fessée sont les bienvenus pour maîtriser son cul fougueux pendant que je lui fouille les entrailles. Ses dix centimètres de talons rajoutés à son mètre soixante-dix ne m’aident pas vraiment à trouver la stabilité nécessaire. Heureusement que je lui avais demandé de prévoir le dernier album de Christophe Willem dans son lecteur 6xCD Blaukpunt pour donner à la scène un côté festif. Je crois que je dois jouir sur Double je, à moins que ce ne soit le passage de ce randonneur non loin de nous qui accélère le processus. L’éjaculat est massif et répété. Je n’avais pas touché à mon arme durant toute la semaine qui avait précédé. Je vise bien pour ne pas souiller la carrosserie de la belle Allemande rutilante et profite de sa longue crinière fraîchement shampouinée pour m’essuyer la queue méticuleusement. Mon sperme pâteux reste plaqué sur son fond de teint abondant ainsi que sur ses lèvres recouvertes de Gloss et détourées au crayon. Son Rimmel, mêlé de larmes, coule sur ses joues et vient fusionner avec mes impacts de semence pour donner lieu à d’improbables œuvres abstraites.

    Le retour se passe comme l’aller, sans un mot échangé. Comme prévu, elle me débarque non loin du trottoir où je l’ai accostée. Mon train est encore à quai. J’ai même le temps de m’acheter le dernier Beigbeder dans un Relais Hachette.
    Je n’aurais pas entendu le son de sa voix naturelle, non filtrée par le réseau France Telecom. Peu importe, nous nous appellerons sûrement dans le courant de la semaine, bien avant de se recontacter sur une quelconque messagerie.

Publié dans Mixages

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Maxence 18/08/2007 19:45

Je voulais voir qui était le vil pourfendeur qui m'avait perçé à jour quant à mon égo , et je dois reconnaitre que je suis agréablement surpris , vraiment car les textes sont comme j'aime , le rythme , le peu de concessions , bien entendu l'aspect corrosif qui permet de décaper la réalité et de la livrer sans fard , je t'ai appellé Lulu chez Tempête mais j'aurais di dire Monsieur Lulu !

Maxence

http://fetichiste.canalblog.com/

MissQ 20/07/2007 04:47

Ma chérie laisse se délicieu Lucien raler contre l'Alsace ... il se morfond à l'idée de savoir qu'il y a autant de délicieuse femme dans cette région ;o))
sans compter que j'aime l'alsace mais pas autant que Paris !
kiss

Lucien 22/07/2007 21:29

Et Dieu sait si l'alsachienne, ça me connaît !...

noir intense 35 18/07/2007 19:31

Dis-moi Lulu, en dehors de plomber l'Alsace, tu dors ?

Lucien 22/07/2007 21:28

Quoi ?Toi aussi tu veux que je te plombes ?

Flore 17/07/2007 21:39

et quessque Christophe Willem vient faire dans un string alsacien?
(j'ai perdu le CD de Leverk ...)

Lucien 22/07/2007 21:27

il vient faire l'inventaire !(dommage...)

lapin 17/07/2007 20:51

...

Lucien 22/07/2007 21:26

...