Mort subite par Double Bogey
Mon toubib fait du golf. Difficile de passer à travers. Le Figaro Madame est le seul canard généraliste que j’arrive à trouver dans sa salle d’attente.
Dans son cabinet, il me reçoit en tenue. Polo Ralph Lauren pastel, pantalon écossais, mocassins à franges. Non loin de son bureau, sa série de golf en graphite me nargue négligemment.
Visiblement je l’emmerde avec mes problèmes existentiels. Sa tête est ailleurs. Sûrement dans le 18-trous du Mougins Country Club où son pote l’endocrino doit déjà l’attendre depuis un bon quart d’heure.
Il m’écoute à peine. Il veut juste savoir combien il doit mettre dans la case «Nombre de jours d’arrêts» tout en scrutant le ciel par la fenêtre en se demandant quelle taille de crampons il devra fixer avant de partir.
Je crois bien qu’il n’a même pas réagi lorsque je lui ai demandé de me faire une ordonnance renouvelable de Bromazepam. J’aurais pu lui réclamer toute sa pharmacie plus le string écossais de sa femme qu’il m’aurait refilé toute sa came du moment que je lui cède ma carte vitale en échange de son putain de chèque de 21 euros.
21 euros, à peine le prix d’une dizaine de baballes qu’il va s’empresser d’aller perdre dans les fourrés et les rivières bordant son parcours de vieux bourge.
En partant, par réflexe il ose me tendre sa grande main molle et blanche de médecin de famille.
Moi je n’ai qu’une envie. Celle de lui éclater sa grosse tête de premier de la classe avec son Bois n°1, le bien lourd, celui avec lequel on démarre. Puis je le finirai tout en finesse, par de subtils coups de Putter dans le fion, celui tout léger et tout fin avec lequel on tente l’assaut final.
Juste pour lui montrer que moi aussi je m’y connais en golf. Après tout, faut bien que je justifie mon abonnement à Canal.
Dans son cabinet, il me reçoit en tenue. Polo Ralph Lauren pastel, pantalon écossais, mocassins à franges. Non loin de son bureau, sa série de golf en graphite me nargue négligemment.
Visiblement je l’emmerde avec mes problèmes existentiels. Sa tête est ailleurs. Sûrement dans le 18-trous du Mougins Country Club où son pote l’endocrino doit déjà l’attendre depuis un bon quart d’heure.
Il m’écoute à peine. Il veut juste savoir combien il doit mettre dans la case «Nombre de jours d’arrêts» tout en scrutant le ciel par la fenêtre en se demandant quelle taille de crampons il devra fixer avant de partir.
Je crois bien qu’il n’a même pas réagi lorsque je lui ai demandé de me faire une ordonnance renouvelable de Bromazepam. J’aurais pu lui réclamer toute sa pharmacie plus le string écossais de sa femme qu’il m’aurait refilé toute sa came du moment que je lui cède ma carte vitale en échange de son putain de chèque de 21 euros.
21 euros, à peine le prix d’une dizaine de baballes qu’il va s’empresser d’aller perdre dans les fourrés et les rivières bordant son parcours de vieux bourge.
En partant, par réflexe il ose me tendre sa grande main molle et blanche de médecin de famille.
Moi je n’ai qu’une envie. Celle de lui éclater sa grosse tête de premier de la classe avec son Bois n°1, le bien lourd, celui avec lequel on démarre. Puis je le finirai tout en finesse, par de subtils coups de Putter dans le fion, celui tout léger et tout fin avec lequel on tente l’assaut final.
Juste pour lui montrer que moi aussi je m’y connais en golf. Après tout, faut bien que je justifie mon abonnement à Canal.
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