Tropismes
ACTE VI: Le libertin en villégiature
Début Mars. Avec l’arrivée des beaux jours l’on se prend à commencer à planifier des esquisses de grandes vacances et à envisager diverses formules en fonction des destinations souhaitées.
Escapade culturelle dans une grande capitale européenne, mise au vert dans les alpages, virée romantique chez nos proches voisins transalpins, traverser les flots pour prendre le maquis en Balagne, continuer à approfondir nos connaissances sur notre belle région provençale, se refaire la tournée des plages coquines du Cap jusqu’au Pyla, ou tout simplement rester buller au bord de la piscine dans le plus simple appareil, à l’abri des regards?
Il faut dire qu’O et moi ne sommes pas, ou plutôt plus, de grands voyageurs.
Nous nous contentons de sillonner notre belle région où il y a tant à faire.
Pourquoi se forcer à partir loin de nos pénates alors que nous avons tout sous la main?
La Côte d’Azur devient impraticable en été? Qu’importe! Il suffit de prendre de la hauteur et d’arpenter les arrière-pays désertés par la cohorte des touristes.
En cherchant bien, on finit toujours par tomber sur d’improbables panoramas, sur des petites galeries d’art coupées du monde, sur des soirées privées dans des mas retranchés.
Et que dire de la foultitude de «lieux de drague sauvage» qui pullulent en haute saison dans nos contrées.
Criques oubliées, pinèdes en retrait, sous-bois abandonnés, collines ombragées, parkings désaffectés. Pour les plus courageux, une fois la nuit tombée, certains lieux plus urbains et fréquentés peuvent devenir de hauts lieux de rencontres torrides.
Comme quoi, pas besoin d’exotisme pour rechercher des sensations fortes. Une simple connaissance approfondie de la topographie libertine locale peut transformer un vulgaire sédentarisme en épopée débridée.
D’autant plus que ce genre d’activités attire également bon nombre de touristes alléchés par le bouche-à-oreille et crée un véritable nomadisme sexuel beaucoup plus sain que le «bon vieux» tourisme sexuel extrême-oriental.
Bien plus ludique et «bon enfant», cette formule dite «de proximité» attire toujours plus de «routards du sexe» à l’affût du petit coin de tranquillité où ils pourront laisser libre cours à leurs passions voyeuristes ou exhibitionnistes dans des cadres champêtres voire plus urbanisés, mais toujours insolites et loin des sentiers battus du tourisme de masse.
J’ai ainsi connu un couple de parisiens qui sillonnait chaque été sur leur scooter les routes des plages à la recherche d’un coin de parking peu fréquenté d’où ils pourraient faire profiter d’heureux passants.
Ces pratiques sont le plus souvent totalement improvisées et relativement aléatoires, la règle étant d’«arriver au bon endroit au bon moment».
Pas la peine de chercher sur le net des traces de quelconques rendez-vous organisés, la préméditation n’est guère de mise parmi les adeptes du «flash sex».
Et pour ceux d’entre vous qui viendraient à se lasser de ces pratiques peu nobles, je ne saurai que trop leur conseiller d’infiltrer des réseaux de «rallyes coquins», beaucoup plus ludiques et cérébraux.
Le principe est simple :
Un couple «organisateur» publie sur son site une énigme à base soit de photos soit de messages codés, le but étant pour les «participants» de résoudre, en temps et en heure, l’énigme qui les mènera jusqu’à ce couple, celui-ci promettant de gratifier les vainqueurs pour leur perspicacité.
Ce nouveau concept ravira les libertins épris de jeux de pistes et de chasses au trésor, ce qui est le propre du libertinage après tout, ne l’oublions pas. Avec ces pratiques, on est plus proche de l’esprit princeps du libertinage d’antan qu’en passant la journée derrière un fourré de parking à guetter la venue d’un improbable couple en 4x4.
Mais qu’importe! Tous les goûts sont dans la nature, c’est bien connu.
Cet été encore, il y en aura pour tout le monde, amateurs de jeux de hasard comme amateurs de jeux de réflexion.
Que le meilleur gagne !…
Publicité