Yes, I Cannes ! (6)

Publié le par Lucien

    Vous l’aurez compris, la vraie question du matin n’est pas de savoir quel film ne pas rater, mais bien quelle fête ne pas rater.
    Alors que certains se démontent la tête pour planifier leur journée et pour pouvoir caser le film de la Quinzaine à 17h entre celui d’Un Certain Regard à 15h et la montée des marches à 19h, sachant que celui de 17h dure deux heures et qu’il faut changer de tenue entre temps, d’autres troquent la calculette contre le portable et niquent leur forfait à étriller tout leur carnet d’adresse pour dégotter le carton du jour, quitte à avoir recours aux plus infâmes bassesses.
    À ce petit jeu, le chasseur de pass devient de plus en plus blasé au fur et à mesure que l’on avance dans le festival. Le Baron devient vite un vulgaire bistrot de quartier, le V.I.P. Room une boîte de province comme une autre, les fêtes officielles de studios d’un ennui à mourir où l’on désespère de voir tout le temps les mêmes tronches sur les mêmes plages, au point de refiler ses invits à la première femme de chambre venue.
    Las de toute cette routine, on se met à vouloir rechercher la soirée originale qui va peut-être sauver cette édition du marasme. On guette la fête privée dans une villa de la Californie, dans un château de l’Estérel ou sur un yacht en rade de Villefranche. On traque les bruits de couloirs à l’affût d’un bon plan underground dans un bunker de bout de plage ou une boite à partouze d’arrière-gare.
    Finis les sempiternelles soirées sur la plage du Noga entre une starlette frigide et Monsieur le député-maire gavé aux UV et aux promesses sarkozistes. Place au petit concert privé de U2 dans une cave de la vieille ville, au mix sauvage d’Asia Argento dans un loft excentré ou au nième anniversaire de Beigbeder dans un rade à putes prés de la voie rapide.
    On laissera les pouffes au Baoli, les people au Jimmyz, les beaufs au V.I.P. et les bobos au Baron, et l’on se gardera bien de refiler notre précieux tuyau à l’avance, quitte à ne parler que de ça le lendemain.

    - Putain, je peux plus les voir en peinture ces petits-fours Lenôtre. J’ai failli tous les dégueuler sur les Gucci de la Silvstedt en faisant la queue devant les chiottes de Nikki Beach pendant qu’elle me montrait comment elle faisait pour tourner la roue … Bon, et toi Lucien, t’étais où ? Je t’ai pas vu de la nuit !
    - Moi ? J’étais avec Jg et Marie à la Villa Murano pour la soirée Paris Dernière. Au bout d’une heure, on en a eu marre des compils Lounge de la Ardisson et on s’est barrés à l’Anonyme avec Asia, Gaspar, Fred, HPG et LZA. Y’avait Pierre-Arnaud qui y organisait une partouze privée mais c’était blindé de monde. Dans les backrooms, on était tellement serrés qu’on avait même pas assez de place pour se faire sucer.
    - Et alors ?
    - Et alors ? On est allé se jeter une dernière petite coupelle au Baron et on a tous fini dans la suite d’Asia au Noga.
    - Putain, c’était donc ça tout ce bordel au bout du couloir ? J’ai pas réussi à fermer l’œil avec vos conneries ! Mais vous étiez combien, bordel de merde ?
    - Combien ? Je sais pas moi … une bonne trentaine je dirais !
    - Mais t’aurais au moins pu m’appeler, merde !
    - T’appeler ? Tiens c’est vrai, maintenant que tu me le dis, j’y ai même pas pensé dis donc ! Où c’est que j’ai la tête moi ? … Au fait mec, en plus du carton pour la soirée du soixantenaire, tu pourrais pas m’avancer un petit gramme vite fait ? J’ai laissé mes vitamines à l’hôtel !
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Publié dans Le guide du crevard

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Commenter cet article
W
et un homme accroupi vaut un demi ...
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L
Un homme a croupi avec cubi cuité
C
"Dans les backrooms, on était tellement serrés qu’on avait même pas assez de place pour se faire sucer." <br /> On s'y croirait.<br /> Je me permet une petite reflexion philosphique à la Jojo : une femme accroupie prendrait-elle plus de place qu'une femme debout?
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L
Comme dirait le vieux dicton:"Une femme accroupie en vaut deux"...
J
C'était juste pour dire que "entre une starlette frigide et Monsieur le député-maire gavé aux UV et aux promesses sarkozistes." c'est quand même de la bonne.
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M
ah ? toi aussi tu ponds des oeufs (je crois que c'est ma meilleure).
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L
T'es jamais aussi bon que quand t'as décidé de t'arrêter ... 
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L
C'est ce qu'on appelle le chant du cygne...