Poèmes moi non plus

Lundi 21 novembre 2005


Focus, lumière irradiante
Collines oppressantes
Voie rapide déshumanisée
Chaos fluide galvanisé

Bande de décélération, changement de parcours
Station-service désaffectée
Parking défoncé
Terre battue, détritus, verre pilé
Escalier, abîmes, non-retour

Odeurs de fruits pourris, macération
Végétation luxuriante, solarisation
Passage souterrain, tunnel, boyau, ténèbres
Mouvements furtifs, présences spectrales
Résonances, iodation, trauma subliminal

Focus, lumière aveuglante
Clapotis, tuyauteries, ruissellements
Escalier humide, vertige, enivrement

Crique ombragée
Sable glacé
Falaise abrupte, rochers saillants
Chemin de fer, casernement

Dune, talus, ascension, assomption
Muret, mirador, point d’observation
Corniche clairsemée, lande, horizon dégagé
Silhouettes d’îles lointaines oubliées
Bourrasques, embruns, ivresse, abandon

Bosquets touffus, broussailles, plantes grasses
Ombres sinistres, silhouettes fugaces
Chemins de rondes, trafics, guetteurs
Agitations, fièvres, stupeur

Convergences, regroupements
Amas de corps, silences pesants
Terre battue, tessons, détritus
Piétinements, essoufflements
Bruits de lutte, frottements

Va-et-vient, échos de ressac
Déchirements, bêtes qu’on traque
Hurlements de trains
Glissements de terrains

Urgence, actes précipités
Regards apeurés, animosité
Bestiaire, faunes, bestialité
Abandon des corps, repères effacés

Amours sales
Perte d’amour-propre
Jouissances
Perte de connaissance
Ténèbres.

Par Lucien
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Lundi 27 février 2006
































La saison était morte mais lors d’une accalmie

Tu voulus retourner sur cette plage magnétique
Théâtre maritime de sourdes ignominies
Arène minérale sculptée de drames antiques

Inconsciente ingénue loin du danger latent
Tu franchis ce tunnel sans jamais te méfier
Chaloupant tes cambrures de satin provocant
Irrémédiablement happée vers ce monde tuméfié

La crique était déserte et dénuée de vie
D’impossibles échos venaient de l’horizon
Nous étions seuls au monde en amants infinis
Abandonnant nos corps jusqu’à la déraison

Nos sens tétanisés par l’ivresse de l’instant
Ignorèrent la lande d’où sourdait la curée
Je ne pus rien y faire je n’en eus pas le temps
Une lumière aveuglante un diaphragme obturé

Le soleil déclinait derrière la falaise
Ton corps inanimé gisait non loin de moi
Quand je m’en approchai je fus pris d’un malaise
Tu luttais pour m’attendre dans un ultime émoi.
Par Lucien
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