Le guide du queutard

Lundi 5 septembre 2005

 
 Ce dimanche matin je reçois un coup de fil de mon pote jg qui me propose de l'accompagner une dernière fois de la saison faire du cul nu sur une plage naturiste.

Je propose la pointe de l'aiguille à Théoule et il accepte sans hésiter me disant qu'il n'y est pas allé depuis longtemps.
Il me demande également si cela m'ennuie qu'il vienne avec sa nouvelle conquête japonaise.
Je lui réponds que non, ca tombe bien, je n'ai pas encore eu la chance de la rencontrer depuis son retour du Japon.

 Jg est un amateur d'art japonais et il vient de passer l'été à Tokyo pour ramener quelques oeuvres dans son bastion niçois.
Dans ses bagages il a également ramené cette Yuka, une étudiante qu'il a rencontré lors d'une "soirée bondage" comme il dit.

 En effet, jg se passionne également pour cette "autre forme d'art" et il a profité de son voyage au Japon pour assister à quelques séances de shibari distillées par le grand maître Chimuo Nureki.

 C'est lors d'une de ses séances qu'il a fait la connaissance de Yuka, un des modèles préférés du maître, mais aussi une des égéries de Nobuyoshi Araki le grand photographe dont jg est un fervent collectionneur.

 Jg et Yuka arrivèrent chez moi à midi puis nous partîment sans tarder pour Théoule.
J'étais troublé par la beauté juvénile de Yuka ainsi que par sa grâce et l'insondable mystère qui transparaissait à travers son regard absent.

 Arrivés à la pointe de l'aiguille, nous entreprîment la longue descente abrupte vers la crique non sans quelques égratignures, ce qui ne parut pas spécialement gêner Yuka qui n'avait pas encore décroché une parole depuis son arrivée chez moi.
Elle ne sembla pas plus choquée d'assister au ballet des inévitables voyeurs au regard fuyant et à l'entrecuisse gonflée, signe que nous approchions du terminus de notre excursion.
En effet, passés les derniers fourrés-abris, la superbe crique se dévoila sous nos yeux.

 Quelques couples étaient déja installés, ayant depuis longtemps pris d'assaut les roches plates les plus convoitées, celles qui surplombent légèrement la plage et offrent ainsi d'intéressants promontoires.
Ils ne nous restait plus que la longue plage de galets pour se trouver une place parmi les corps alanguis et offerts.

 Nous évitions le coin des mecs seuls qui commençaient sérieusement à mater Yuka en se tripotant l'engin, laissant de marbre la principale intéressée, et nous options pour le bout de la crique plus fournie en couples et donc plus tranquille.

 A peine Yuka désapée, je vis le regard de certains couples focaliser sur le corps parfait de mon accompagnatrice, sûrement surpris de constater la blancheur laiteuse de sa peau, contrastant avec la caramélisation avançée des autres habitués du site.
C'est sûr que mes deux camarades faisaient sensation depuis leur arrivée, entre jg qui arborait fièrement son Prince Albert clinquant et sa musculature de Judoka, et Yuka en petit cygne fragile et perdu, le moins que l'on puisse dire est qu'ils n'étaient pas vraiment assortis.

 Alors que je n'avais toujours pas entendu le moindre son sortir de la bouche de Yuka, un couple qui nous avait repéré depuis le début et qui nous matait de manière insistante, vint à notre rencontre au bout d'une demi-heure.
La quarantaine tous les deux, ils étaient assez bien conservés, d'allure sportive, et sentaient le couple échangiste à plein nez.
En tout cas ils en possédaient tous les artifices: rasés de prés, tatoués, pierçés, siliconés et transpirant le sexe de tous leurs pores.
Jg et moi, on avait senti venir le plan depuis longtemps, habitués que nous étions à ce genre de lieux de rencontres, on ne nous la faisait plus depuis longtemps.
Yuka, elle, n'avait rien vu venir ou du moins n'en laissait rien transparaitre.

 Le couple nous demanda s'ils pouvaient se joindre à nous afin de profiter du soleil en notre compagnie, excuse bidon à souhait mais nous acceptâmes leur proposition en jouant aux naifs et sans trop leur montrer que nous avions vu clair dans leur petit jeu.
Après les présentations d'usage et les quelques banalités habituelles, David et Natasha puisqu'ils s'étaient présentés sous ces noms-là, filèrent droit au but sans perdre de temps:
"Ca vous dirait un petit plan tous les cinq?"
"On pourrait aller dans les messugues un peu plus haut dans la falaise."

 Moi j'étais venu pour accompagner mes camarades et accessoirement me reposer d'une semaine éprouvante.
J'avais même prévu de terminer le dernier Houellebecq que j'avais finalement réussi à me procurer la veille à la FNAC.
Autant dire que je ne m'étais pas spécialement préparé à disputer ce genre de sport extrême et que je n'y tenais pas plus que ça.
Par contre je connaissais suffisamment le jg pour savoir qu'il se serait volontiers laissé guider par nos hôtes sans rechigner.
En revanche, Yuka une fois mise au parfum par l'explication sommaire de jg dans son japonais approximatif, esquissa une légère moue de désapprobation qui ne trompa guère notre couple, lequel n'essaya même pas d'insister, preuve que l'on puisse être pervers mais correct.

 Aprés nous avoir salués, ils nous abandonnèrent et retournèrent vers leur piédestal minéral d'où ils pouvaient à leur guise choisir leurs proies.
Ce qu'ils finirent par réussir assez rapidement puisqu'ils jetèrent leur dévolu sur un autre couple moins farouche, à peine un quart d'heure aprés nous avoir quittés.

 Je ne me lasse décidement pas d'observer ces parades amoureuses, ces jeux de séduction, ces complots préparés en cachette, le tout sous les regards croisés des vrais naturistes désintéressés qui viennent en famille, et sous celui des voyeurs solitaires qui n'attendent rien de plus que de remplir leur imaginaire malsain d'images dérobées.

 Au bout de deux heures de prélassage, de lecture et d'observations discrètes, et alors que le soleil de ce début-septembre commençait à décliner rapidement derrière les hautes falaises, nous décidâmes de plier bagages et d'attaquer la pénible remontée vers la corniche.

 Au passage, nous vîment derrière un buisson nos deux couples s'entrelacer sensuellement comme s'ils se connaissaient depuis toujours, fusionnant leurs corps en un unique bloc de chair indifférent aux évènements extérieurs.
Autour d'eux et à distance réglementaire, une nuée de jeunes mecs en train de se branler énergiquement, telle une meute de prédateurs aux aguets, évitant nos regards affligés en laissant deviner un profond malaise teinté de honte et de culpabilité.

 Yuka fit mine de ne rien voir et continua son ascension comme si de rien n'était.
Je n'entendis pas plus le son de sa voix qu'à l'aller et notre rencontre restera un mystère, comme si un éternel doute pèsera à jamais sur l'évidence de sa présence à mes côtés ce jour-là.
Par Lucien
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Dimanche 18 septembre 2005

 
 Pour se délasser un peu d'une dure semaine, et vu que la saison des plages était belle et bien terminée, jg et moi on a eu envie d'attaquer une nouvelle saison "indoor", à savoir se faire une petite virée au Sauna-club Azur, prés du vieux-Nice.

On y était pas retournés depuis la fin de l'hiver dernier, et pour ne pas rompre nos habitudes, on demanda à Marie, notre fidèle accompagnatrice, de se joindre à nous.

 Tous les trois, on se connaissait depuis le lycée et Marie avait même vécu quelques temps avec jg il y a déjà quelques années de cela.

 Ils étaient restés en très bons termes, et se revoyaient assez régulièrement, que ce soit à des concerts, des soirées ou même pour se faire des sorties «non conformistes» en plages, saunas ou clubs.

 Marie était ce qu'on pourrait appeler une éternelle insatisfaite, elle passait de mec en mec sans vraiment trouver le bon.
Il faut dire qu'elle n'avait aucun mal à se fournir au vu de son physique plutôt agréable.

 Et ce samedi, en fin d'après-midi, nous voilà donc partis tous les trois vers notre sauna attitré, qui a la particularité d'être mixte, et donc, par la force des choses, libertin.
Au détail prés, qu'à la différence de la majorité des autres clients du lieu, nous le fréquentons plus pour profiter de ses installations que pour profiter de la clientèle.

 Quand nous arrivâmes vers 19h, il y avait encore peu de monde et nous pûmes discuter tranquillement avec Mike, le patron, qui était tout heureux de voir revenir ses petits préférés.
Il nous raconta qu'après un été plutôt calme, la saison avait repris tranquillement et que, mauvais climat oblige, il avait eu pas mal de monde ces temps-ci.
Alors qu'on était encore au bar, tout habillés, notre discussion attira quelques mecs en petite tenue, qui faisaient semblant de participer à la conversation, alors qu'en fait, on savait très bien qu'ils reluquaient notre Marie et qu'ils s'impatientaient qu'elle vire ses fringues.
Ce petit manège était le signe flagrant qu'il ne devait pas encore y avoir pléthore de couples dans l'établissement.
Par sadisme, nous prîmes tout notre temps pour les satisfaire, en se faisant offrir des coups par notre aimable hôte.

 Après 2 ou 3 tournées, on se dirigea enfin vers les vestiaires afin de se délester et de troquer nos vêtements de ville contre l'uniforme officiel: petite serviette blanche à s'enturbaner autour du bas-ventre pour jg et moi, mini-peignoir pour Marie, au grand dam des mateurs qui faisaient l'air de rien, des va-et-vient incessants devant l'entrée des vestaires.

 Aussitôt en tenue, nous nous dirigeâmes vers la première étape obligée du parcours du combattant: la douche commune.
Comme par hasard, alors que la salle d'eau était vide à notre arrivée, une demi-douzaine de mecs vinrent se doucher en même temps que nous.
Même topo alors que nous entrions dans le sauna vide, celui-ci s'emplit assez rapidement, atteignant même la limite maximale de contenance de 10 personnes en moins de 2 minutes.
Ce genre de petites coïncidences ne changeait toujours pas et nous faisait toujours autant marrer.
Evidemment, la nudité intégrale s'impose à une température de 80 degrés et il est recommandé de ne pas y rester plus de 10 minutes.
La discrète lumière rouge et la chaleur excessive ne se prêtant pas trop aux dérapages, nos accompagnateurs se contentaient uniquement de coups d'oeils furtifs et peu discrets vers le sexe lisse de Marie.

 Comme il s'était rempli, le sauna se vida instantanément peu aprés que nous l'ayions quitté.
Faisant exprès de ne pas remarquer ce cortège, nous filâmes vers le hammam non sans un petit détour vers une bonne douche froide au préalable.

 Mike avait bien préparé les lieux en assurant un taux d'humidité maximal ce qui garantissait un écran de vapeur impressionant.
Il fallu une bonne minute avant de s'y habituer et de repérer une banquette disponible.

 Evidemment, notre tranquilité fut brêve puisque nos chers amis nous repérèrent assez rapidement, tout en restant à distance réglementaire pour ne pas éveiller nos soupçons.

 Nous étions habitués depuis longtemps à ce rituel et cela ne nous dérangeait pas outre mesure, sachant que ces messieurs savent rester corrects à des températures élevées.
 Il n'en est pas de même si par mégarde nous nous étions aventurés vers les "coins calins", signe que nous étions prêts à les satisfaire, leurs instincts primaires auraient rapidement repris le dessus.

 Heureusement, nous ne sommes pas des habitués de cette partie-là de l'établissement, si ce n'est lorsqu'il y a déja du monde et qu'il s'y passe quelque chose qui vaille le détour.
A cette heure-ci, ce n'était pas encore le cas, et les cabines n'étaient visitées que par quelques rodeurs chassant leur ennui.

 Vers 2Oh, alors que nous naviguions entre les différentes installations, un flux de mecs se dirigea vers l'entrée du club, nous laissant quasi-seuls, ce qui ne s'était pas encore produit depuis notre arrivée.
Nous nous sommes pris à espérer que le nouveau couple allait un peu nous soulager de ce troupeau de frustrés.
Et nos espérances ne firent que croitre au moment de s'apercevoir que ce n'était pas qu'un couple qui venait d'arriver, mais deux.

 Visiblement ces quatre-là étaient des habitués et semblaient trés complices.
 Beaucoup de mecs avaient l'air de bien les connaitre et l'on voyait briller dans leurs yeux et sur leurs glands turgescents, de bien belles espérances.
Comme il était à prévoir au vu du look des nouveaux arrivants, ceux-ci n'étaient guère venus pour s'occuper de leurs corps, mais bien de ceux des autres.
Jeunes, la trentaine et plutôt de type méditerranéen, ils n'arboraient pas vraiment le profil sain des adeptes de soins corporels, avec leurs allures de hardeurs du dimanche et leur franc-parler à la limite de la vulgarité.
C'est que le sauna-club Azur ne sélectionnait pas vraiment sa clientèle et parfois le niveau intellectuel se sentait un peu ramolli par la moiteur ambiante.

 Autant dire que les deux couples ne passèrent même pas par la case douche, et encore moins par celle du sauna ni du hammam, et filèrent directement vers le but de leur venue, à savoir les "cabines détente".
Evidemment, ces dames étaient ce qu'on appelle couramment dans le milieu, des "gourmandes" c'est à dire des adeptes de l'amour pluriel, et leurs accompagnateurs de simples faire-valoir qui se contentaient de rester à l'écart en surveillant les éventuels débordements.
Assez rapidement, cela tourna à un abattage en règle et les cadences devinrent quasi-industrielles. On frôlait le sport de haut niveau et les marathoniennes possédaient visiblement beaucoup de préparation et d'endurance à l'effort.
Quand aux heureux élus, ils avaient survécu à une véritable sélection darwinienne, tant il fallait être valeureux pour gagner sa place à l'intérieur de la cabine.
Autant dire que les petits employés de bureau chétifs et malingres ainsi que les jeunes puceaux un peu gauches n'avaient aucune chance de rivaliser face aux grands blacks costauds et aux petits beurs suractifs.
Une véritable pyramide humaine à la hiérarchie bouleversée s'accumulait à l'entrée des backrooms où l'air devenait de plus en plus irréspirable, saturé d'odeurs de sueur, de sexe, de renfermé et de sprays désodorisants aux parfums douteux.

 Du coup, nous pouvions profiter pleinement et en toute quiétude des "coins loisirs" voire même du bar et de la salle vidéo.
Tous avaient oublié la superbe Marie, qui n'en était pas jalouse pour autant.
Elle aussi avait parfois ses heures de gloires mais pas dans ce genre de contexte.
Au passage, nous grondâmes amicalement Mike de ne pas nous avoir averti que c'était soirée "gang-bang" ce soir-là.
Il avait beau rétorquer que cela avait été une visite surprise, nous le suspections de ne pas en croire un seul mot.

 Vers 22h, soit deux bonnes heures avant la fermeture, et alors que la soirée battait son plein, et que d'autres couples avaient même rejoints les deux autres, nous quittâmes le lieu dans l'indifférence générale, repus d'avoir soumis nos corps à des conditions extrêmes, bien vidés de toutes toxines, dans un état quasi-second et prêts à tomber sans résistance aucune dans les bras de Morphée.
Par Lucien
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Jeudi 3 novembre 2005


 Ce dim
anche, je me suis levé tard, très tard, et j’avais une sérieuse gueule de bois due à mon séjour prolongé dans la cuisine de cette chère Sandrine, dont le frigo avait copieusement été rempli de bières avant mon arrivée.
En allumant mon poste de radio, je me suis rendu compte que j’avais oublié de passer à l’heure d’hiver et que, bonne nouvelle, j’avais gagné une heure dans l’histoire.
De plus, le temps était particulièrement clément en cette fin octobre et le thermomètre indiquait déjà 25 degrés.
Pour fêter ça, je décidais de me rendre sans plus attendre à la plage naturiste du Palm Beach, histoire de mettre à profit ce rab d’été indien.
Sur la route je ne pus m’empêcher de chanter à tue-tête le refrain de Joe Dassin, tout en reprenant ses célèbres mimiques, les dents en avant et un œil qui dit «merde» à l’autre.
J’étais heureux, libre et heureux.

 Comme prévu, en arrivant sur le parking du casino, celui-ci était déjà bondé.
Il faut dire qu’il était déjà 14h, donc 15h en heure d’été, et qu’il ne me restait plus que deux petites heures pour profiter du soleil.
La plage «textile» était remplie comme à ses plus belles heures, quant à la «cul nu», elle était telle que je l’avais quittée la dernière fois, un mois auparavant, saturée.
Je reconnus sans mal les principaux habitués qui avaient déjà perdu une bonne partie de leur bronzage intégral, mais qui avaient repris leurs places attitrées comme si de rien n’était.

 Il faut savoir que sur cette plage relativement large, il y a trois niveaux de placement :
Tout au bord de l’eau, les familles avec enfants. Au centre, les habitués sans enfants, principalement des couples, jeunes, pas mal de femmes seules, plutôt âgées et quelques mecs seuls. Enfin, tout au fond, contre le mur du casino, les pervers qui restaient en retrait afin de se tripoter tranquillement tout en ayant une vision panoramique sur toute la plage.
Je m’installais donc comme souvent dans la partie centrale, si possible en évitant le coin gay.
 
 Le soleil tapait fort et il y avait même quelques vieux qui osaient la baignade.
Je me contentais de sortir mon bouquin de Bret Easton Ellis acheté la semaine précédente, m’imaginant enivré par les embruns océaniques de «Pacific Pallisades», les récepteurs saturés de «crystal meth».
A deux mètres de moi, je remarquais une femme mûre que j’avais déjà souvent vue sur cette plage. Elle semblait absorbée par la lecture d’un pavé de Paul-Loup, mais me gratifia tout de même d’un charmant sourire lorsque je levai les yeux pour constater sa présence.
Souvent sur ce genre de plage, les clients se parent d’un gros bouquin pour faire semblant de se cultiver. En vérité cet artifice ne leur sert que d’alibi, tant leurs pensées ne se dirigent que vers la contemplation des corps environnants.
Moi-même ne comptais pas trop sur ces deux heures de plage pour avancer efficacement dans ma lecture.

 Comme prévu, les regards insistants de ma voisine finirent par déboucher sur une entame de dialogue.

Elle commença sans surprise par s’étonner de l’éruption de ce temps estival en plein milieu de l’automne, entrée en matière guère originale mais toujours efficace.
Puis elle embraya sur un début d’échange culturel voyant qu’elle avait également affaire à un amateur de gros livres.
Pour mieux aborder ce débat, elle me demanda si elle pouvait se rapprocher afin de ne pas en faire profiter la moitié de la plage.
Evidemment je ne lui fis pas l’affront de refuser, d’autant plus qu’elle était relativement bien conservée pour son âge.

    En tenue d’Eve, les ravages du temps ne pardonnent pas et l’assurance qu’elle affichait était justifiée tant elle semblait particulièrement épargnée par ces désagréments.

Tout en discutant littérature avec elle, je remarquai qu’elle avait déjà eu recours au bistouri comme la plupart des retraitées friquées qui fréquentent cette plage.
Ses seins étaient bien ronds, tendus et gonflés de silicone, son visage ne comportait presque aucune ride, ses lèvres étaient protubérantes et pour couronner le tout, son pubis qu’elle laissait volontairement en évidence, était rasé de prés, signe extérieur de confiance en soi.

 Malgré cet état des lieux tout en discrétion, je continuais à assurer un minimum sur la discussion hautement culturelle qui nous animait.
Elle comme moi savions que tout ceci n’était que prétexte à établir le contact, nous aurions pu aborder n’importe quel sujet à la con, le résultat aurait été identique.
A plusieurs reprises, je fus à deux doigts de ne pouvoir retenir un début d’érection, et je dus avoir recours à un gros travail sur moi pour détourner mes pensées et calmer cet afflux sanguin intempestif.
Non que cela aurait déplu à mon interlocutrice qui se serait au contraire senti extrêmement flattée de cet égard, mais cela risquait de faire désordre dans cette partie de la plage où les mâles dominants sont reconnus pour garder leur légendaire self-control.
Je n’avais pas vraiment envie de passer pour un intrus qui aurait normalement dû se trouver au fond de la plage avec ses semblables.
Il faut dire qu’habituellement je mets rarement cette partie de mon corps à contribution, me contentant de laisser sagement les rayons du soleil lécher ma peau, mon esprit végétatif restant volontairement en stand-by forcé.

 Puis vint l’heure fatidique de laisser de côté les futilités et de passer aux présentations un peu plus personnelles.
J’appris ainsi que Nicole était séparée de son riche ex-mari depuis quelques années et qu’elle continuait à vivre grassement de ses rentes dans une villa cossue de la Californie, entourée de ses chiens, ses chats et ses domestiques.
Au moment de me présenter, j’eus quelques complexes à lui apprendre que je n’étais qu’un simple petit ingénieur en pharmaceutique dans une boîte privée de Sophia-Antipolis, que je vivais dans une baraque modeste dans un lotissement de l’arrière-pays et que, à sa différence, je n’étais pas seul.

 Ce dernier détail n’eut pas l’air de la troubler, bien au contraire.
Elle chercha à en savoir un peu plus sur ma compagne et s’étonna de ne pas la voir à mes côtés.
Je lui expliquais donc qu’à ce niveau-là nous étions assez indépendants et que je préférais fréquenter ce genre d’endroits seul ou avec jg, mon ami d’enfance.
Depuis le début des hostilités, j’avais vu clair dans son jeu et savais que j’avais affaire à une chasseuse de gigolos, comme il est courant d’en rencontrer sur cette plage.
Malgré le fait que Nicole était très désirable et peut être même plus désirable que certaines jeunes femmes présentes cet après-midi là, je ne voyais pas trop comment me sortir de ce traquenard et n’imaginais pas vraiment la ramener à la maison.
De son côté, elle savait ce qu’elle voulait et profita d’un instant de franche camaraderie pour me proposer froidement de l’accompagner chez elle.
Elle n’eut pas besoin de prétexter une quelconque visite de sa collection privée d’estampes japonaises, son regard en disait déjà long sur ses intentions.
Visiblement sa mise en scène était bien rôdée et je ne devais pas être le premier pigeon à me faire embobiner.
Quelques mecs au fond avaient déjà dû repérer le petit manège car certains se paluchaient lascivement en matant les courbes parfaites de Nicole.

 Heureusement pour moi, à cet instant précis de profond désappointement, mon portable se mit à sonner et je profitais de cet appel providentiel pour pipeauter un besoin urgent de rentrer chez moi.
Evidemment, Nicole faisait un peu la gueule, peu habituée qu’elle était à ce qu’on refuse ses avances.
Pour me faire pardonner, je lui laissais quand même mon numéro en échange du sien, et repartis vers le parking en lui promettant de la rappeler avant l’été prochain.
Sur le chemin du retour, je n’avais plus trop la tête à reprendre du Joe Dassin et commençais à regretter de ne pas être resté me reposer à la maison.
Maudit été indien…
Par Lucien
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Mardi 21 mars 2006
 
















 Jeudi soir je reçois un appel de jg :

- Ramène ta fraise mec, y’a une soirée «gourmandes» en perspective ce soir au 45. J’ai deux copines belges qui sont sur Nice en ce moment et qui ont l’intention d’y passer une bonne partie de la nuit.
- Mais tu déconnes, je bosses demain et en plus je mixe aux Hespé demain soir.
- Et moi je bosse pas peut être? Tu verras, tu le regretteras pas!

 Une demi-heure plus tard, je me présentais devant l’entrée du 45 où m’attendait déjà jg impatiemment.
Comme convenu, nous avions laissé nos copines respectives à la maison car les couples traditionnels sont plutôt mal vus dans ces soirées du jeudi.
Il faut dire que les soirées «mixtes» à tendance «pluralistes» abritent une grande majorité de mecs seuls et quelques nanas «gourmandes» qui viennent parfois seules, parfois avec leurs conjoints.

 Nous eûmes droit à un accueil des plus chaleureux de la part de Patou, la taulière, qui pourtant n’est pas réputée pour son amabilité.
Il faut dire que jg est un habitué des lieux et ramène souvent une clientèle haut de gamme et festive.
- C’est le feu ce soir mes chéris, on est déjà blindés et les filles sont en grande forme, dit elle en nous claquant la bise.
Je crus comprendre que cette formule d’usage était courante et faisait office de message de bienvenue.

 Comme c’était à prévoir dans ce genre de soirées très particulières, la piste et le bar étaient déserts, les petits jeux de séductions préliminaires n’étant guère de mise dans un tel contexte.
Tout se passait dans les sous-sols et les rares convives que l’on venait à croiser dans le reste de la boîte étaient ceux qui venaient fumer leur clope au bar, ceux qui venaient s’y désaltérer entre deux ruades et ceux qui allaient soulager leur vessie dans les toilettes de l’étage, plus tranquilles que l’espace «salle de bain» jouxtant les «coins câlins».

 En bas, ça s’affairait déjà sérieusement. On dénombrait à peine une petite dizaine de filles pour une bonne cinquantaine de gars.
Les deux copines belges de jg étaient facilement repérables car elles monopolisaient l’attention de tout le monde sur le grand lit central, un peu comme l’attraction principale de la soirée.
Les autres filles présentes, les «régionales de l’étape» comme on dit, faisaient pale figure comparé aux deux bougresses blondes venues du plat pays qui est le leur.
Et le moins que l’on puisse dire est que Sylvie et Kathy n’avaient pas fait le voyage pour rien.
Une bonne douzaine de types les entouraient ce qui ne semblait pas les perturber plus que ça.
Jg m’avait souvent briefé sur l’endurance et l’abnégation des filles du Nord, mais c’est la première fois que je mettais des images sur ces fameux ouï-dire qui tournaient depuis longtemps dans les milieux libertins.
Les deux sauvageonnes mettaient du cœur à l’ouvrage et abattaient un boulot monstre, le tout avec le sourire s’il vous plaît. Que dire du légendaire sens de l’hospitalité de cette région-là?
Face à un tel professionnalisme, les gars peu habitués à cela dans nos contrées, n’en menaient pas bien large.
Les plus costauds s’en sortaient plus ou moins et repassaient régulièrement visiter ces dames, aussitôt les réserves rechargées, les autres étaient trop intimidés pour honorer les tigresses, certains se vidaient avant même d’atteindre leur tour, d’autres préféraient rebrousser chemin, ne se sentant pas assez à la hauteur.
Résultat des courses, sélection "Darwinienne" oblige, c’est un duo de petits jeunes musclés de type latino qui se payèrent la part du lion en s’offrant les services des deux copines tout au long de la soirée, les autres plus malingres ou plus âgés ou tout simplement plus timides, restant en retrait en se contentant de s’astiquer devant le spectacle.

 Un des temps forts de la soirée fut le passage au «glory hole».
Comme toute «gourmande» qui se respecte, cette épreuve obligée est quasiment incontournable.
En général, ce petit jeu lève toute inhibition et tout le monde s’y retrouve :
Les «gourmandes» n’ont à faire qu’à la partie noble du corps de leurs prétendants, le reste n’ayant que peu d’importance à leurs yeux.
A ce moment-là, l’homme ne se résume qu’à son sexe avec un mur de bois tout autour.
Et surtout, de l’autre côté de la paroi, une seconde chance est donnée à tous ces laissés pour compte qui se sont cassés les dents à l’épreuve du lit collectif.
Ici, point de jugements, point de regards lourds, tous se retrouvent égaux dans la pénombre face à ce mur percé de trous de gloire, dans l’attente justement de cet unique instant de gloriole qui sauvera leur soirée du marasme ambiant.
Dans ce parfait anonymat, les compteurs sont remis à zéro, l’égalité sociale reprend ses droits, prenant le dessus sur l’injustice, la ségrégation et la profonde frustration qui domine parmi la majorité silencieuse des silhouettes errantes traînant leur mal-être dans les profondes moquettes de ces bas-fonds douteux.
Comme disait Andy Warhol, chacun de nous aura dans sa vie son quart d’heure de gloire. En observant les mines rassasiées quittant ce couloir obscur uniquement balayé de rayons de lumière rasante, on se dit qu’il n’en faut pas plus pour redonner vie à un visage perclus de souffrance affective.

 Pour déconner, jg voulut m’entraîner dans ce corridor étroit en me faisant miroiter une sensation unique et surprenante.
- Viens, il reste des trous de libre, tu en trouveras sûrement un à ta taille.
- C’est bon mec, on n’est pas à la foire du trône, j’ai pas envie de ramener une peluche à la maison.
En repassant du côté lumineux, je vis la hampe de jg qui pointa le bout de son nez d’un des nombreux trous tel un portemanteau de fortune, ce qui eut le chic de me faire partir dans un de ces incontrôlables fous rires dont j’eus un mal fou à me défaire et qui eut le don d’agacer nos deux Belges, toujours très professionnelles jusqu’au bout de leur French manucure.

 En laissant jg à ses jeux de hasard, je continuai de me balader le long des alcôves feutrées et saturées, et en passant devant l’une d’elle je vis une nana d’un certain âge, bien que plutôt pas trop mal conservée, aux prises avec trois jeunes hommes pas très entreprenants.
Deux d’entre eux étaient assis à la hauteur de son visage et se faisaient sucer goulûment sans broncher. Ils ressemblaient à des étudiants en goguette avec leurs grands corps maigres et blancs uniquement vêtus d’une paire de lunettes et d’une paire de chaussettes. Le troisième était du même acabit et s’affairait plutôt à découvrir l’intimité de sa cavalière. Au bout de quelques minutes étouffées de silence, de pénombre et de moiteur saisissante, le plus agile des trois se retira de la dame l’air penaud en constatant qu’il avait empli sa capote sans même s’en rendre compte. Et que dire de sa proie qui n’avait pas bougé d’un iota et qui continuait à écarter les cuisses comme s’il ne s’était rien passé.
A ce moment-là, je fus houspillé par un gars d’âge mur, complètement habillé, et que j’en déduis être le compagnon de cette dame.
Il me montra la direction du lit en me faisant comprendre que la place était libre et que je pouvais profiter de sa femme comme je l’entendais.
Je secouai la tête par la négative en lui disant que j’avais déjà dîné et que je n’avais plus trop faim.
Croyez-le ou non, le gars me lança un regard noir, vexé par l’affront et peu habitué à ce qu’on lui refuse l’accès à sa femme.
Il fallut presque que je me justifie en lui prouvant que je la trouvais fort charmante, là n’était point le problème, mais que mon corps risquait de ne pas suivre.
C’était vraiment le monde à l’envers : risquer de se faire casser la gueule par un gars pour ne pas avoir sauté sa femme…
Sacré jg, avec lui je repoussais à chaque fois les limites de la folie humaine.

 Pendant ce temps-là, justement, mon jg était sorti de son trou pour accompagner ses deux blondissimes copines vers la dernière étape de leur périple.
Il m’expliqua que c’était une espèce de bouquet final qui clôturait toute bonne soirée «gourmande» et qui en justifiait à lui seul son nom.
Sylvie et Kathy s’étaient regroupées sur le grand lit central recouvert pour l’occasion d’une grande bâche plastifiée et invitaient tous les volontaires à venir les remercier de leur visite en les honorant de leur semence, comme ces toréadors à qui l’on balance des gerbes de fleurs du haut des gradins de l’arène après la mise à mort.
Je demandais à jg si c’était une coutume typiquement belge, mais il me répondit qu’au contraire, le «Bukkake» était une monnaie courante universelle à la fin de ce genre de soirée.
Là encore, cette épreuve réjouissait toutes les parties concernées :
Les «gourmandes» étaient récompensées de leur ardeur au travail et prenaient cela comme un compliment et un témoignage de reconnaissance qui les flattaient au plus haut point.
D’ailleurs, il suffisait de voir leur éternel sourire briller tout le long de ce feu d’artifice séminal.
Quant aux artificiers qui n’avaient pas encore eu l’occasion de dégainer leur calibre, cela leur permettait de se délester et de ne pas rentrer chargé à la maison, ce qui a au moins le mérite d’amortir le prix d’entrée exorbitant.

 Voyant la tournure que prenait cette hommage liquéfiant, je préférais ne pas rester jusqu’à la séance de douche collective et priais jg de m’accompagner à quitter les lieux.
Au passage, nous eûmes à nouveau droit à des adieux chaleureux de la part de Patou qui nous demanda si nous nous étions bien amusés.
Je lui répondis que j’étais quand même déçu de ne pas avoir remporté de peluche au stand de ball-trap ce qui sembla la plonger dans de pénibles réflexions.

 Le lendemain, j’eus un peu de mal à me concentrer au boulot et repensai à tout cela, du porte-manteau perroquet de jg jusqu’à l’altercation avec ce mari frustré de ma volte-face devant sa femme.
Et pour me remettre de mes émotions et conjurer le sort, j’inondais le soir même les Hespérides de mélodies purificatrices et salvatrices que seule la Black Soul des seventies peut engendrer.
Je n’avais qu’une seule crainte :
Que jg se ramène avec ses deux copines et me vole ainsi la vedette…

Par Lucien
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Mercredi 30 mai 2007
    - Tiens, salut Lucien ! T’es revenu pour la clôture ?
    - Non, c’est Queutard Mag qui m’a envoyé couvrir la Eyes Wide Shut annuelle d’Interconnexion. Le problème c’est que ces cons ne m’ont fourni ni mot de passe, ni costume, ni queutarde pour m’accompagner.
    - Pour le mot de passe, je sais pas quoi te dire si ce n’est d’essayer peut-être Fidelio. Pour le costume, je peux éventuellement t’en avoir un. Et pour t’accompagner, je peux toujours te proposer ma femme si jamais t’as rien d’autre.
    - Non, c’est bon, je vais me démerder. Je vais me contenter du costard en fait.

    Lauryn en cure de désintox dans les Alpes suisses, Lucy qui se fait refaire la muqueuse rectale dans une clinique marseillaise suite à son dernier gangbang raté, Marie partie précipitamment au Japon avec Jg pour un festival Bondage And Bukkake, il ne me reste plus qu’à contacter Steffie pour la convaincre de m’accompagner dans cette méga-partouze sponsorisée.

    Nous arrivons en 4x4 Hyundai de location au lieu dit sur le mail de l’organisateur, une villa Renaissance perchée sur les dernières hauteurs de Super-Cannes. Le voiturier se saisit dédaigneusement de ma clé siglée Europcar et va parquer le 4x4 dans l’emplacement réservé aux véhicules «bas de gamme». Si j’avais su, j’aurais pris la Porsche Cayenne, ça m’aurait peut-être évité d’être garé entre une Mégane II et une New Beetle.
    À l’intérieur, un maître d’hôtel nous rappelle que l’entrée est réservée aux personnes masquées. Ca me fait penser que j’ai oublié les masques dans la boîte à gants. Si j’avais su, j’aurais conduit avec pour pas l’oublier. Quand on revient masqués comme le queutard inconnu, je lui demande si les appareils photo sont acceptés à l’intérieur. Il me répond «Même pas en rêve Monsieur !» Tant pis, je documenterai mon article avec des clichés merdiques pris de mon Motorola V360 à 200 000 pixels. C’est à ce moment-là qu’il me dit que les portables sont également interdits ainsi que tout accessoire technologique, par respect pour l’esprit de la soirée. Et il me montre du doigt la direction du vestiaire pour y déposer tout objet superflu. Je lui demande si je peux quand même garder ma bite sur moi étant donné que c’est du dernier cri. Je le rassure en lui disant qu’elle n’est pas équipée multimédia ni wi-fi mais ma remarque le fait autant sourire que le voiturier quand je suis allé récupérer les masques.
    C’est donc masqués et résignés à relater l’événement avec des mots comme seul support visuel que nous nous dirigeons vers un lourd rideau en velours devant lequel se tient un physionomiste déguisé en membre du Cul Cul XClan.
    - Mot de passe je vous prie ?...
Par Lucien
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Dimanche 3 juin 2007
    - Mot de passe je vous prie ?
    - Fidelio !
    - … (silence)
    - Non ça va, je déconne !
    - …(silence)
    - Stanley Lubrik !
    - … (silence)
    - Vous n'avez pas trop le sens de l’humour par ici !
    - … (silence)
    - Bon, Mr Turlute Lulu chapeau pointu ! En fait, je l’ai pas votre foutu mot de passe. On m’a inscrit par mail sans penser à me le donner, voilà ! J’ai juste imprimé le message de validation avec le lieu et l’heure, mais j’ai pas eu accès au document attaché où figurait le mot de passe. Il se trouve que j’ai un Mac, et mon Mac il a pas réussi à ouvrir ce putain de fichier code.zip. Ca vous va ou vous allez m’empaler sur un cactus et me cramer vif sur une croix de St André avec vue mer ?
    - Montrez-moi votre imprimé je vous prie !
    Il prend le papier froissé que je lui tends puis il disparaît de longues minutes derrière le rideau.

    Pendant ce temps, quelques couples masqués se sont agglutinés derrière nous et commencent à glousser et à se chauffer mutuellement comme s’ils étaient contents de se retrouver pour cette grande foire au cul annuelle.

    - T’as vu Josiane, le cadre est super ! C’est encore mieux que l’année dernière au Château Rose.
    - Ouais, et au moins là on est sur place ! On n’aura pas besoin de se taper deux heures de bagnole pour rentrer.
    J’en profite pour leur demander le mot de passe l’air de rien, mais ils ne sont pas très joueurs et me montrent la direction de la sortie. J’ai beau leur expliquer le coup du fichier zip, ils me regardent comme de gros beaufs pleins de thunes regarderaient un pauvre type qui loue du 4x4 coréen, se fait prêter un costard pas à sa taille et une gonzesse trop belle pour lui, et qui en plus n’est même pas fichu d’avoir un PC comme tout le monde.
    Heureusement, le physio déguisé en pochette-surprise réapparaît à ce moment-là et me rend mon mail en nous ouvrant le rideau et en nous souhaitant une bonne soirée. Visiblement, le mot de passe c’était surtout le numéro de carte de crédit qui validait le paiement de 120 euros donnant accès à la soirée.
Par Lucien
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Dimanche 10 juin 2007
    À l’intérieur, ni piste de danse, ni coins câlins. C’est vrai, nous ne sommes pas en boîte, bien sûr ! Une musique de chambre sortie d’une compile de Rondo Veneziano s’échappe d’on ne sait où, mais sûrement pas des platines d’un DJ introuvable. De lourds canapés de style méridiennes font office de coins rencontres. Mais aucune trace d’une quelconque zone de baise à l’horizon. Les invités jouent le jeu et l’on sent qu’ils ont tous pensé à re-visionner le DVD du film avant de venir. Dommage que certains clones de Nicole Kidman rient fort avec un puissant accent du sud et qu’elles n’aient pas pensé à décoller l’étiquette du code barre sous leurs pompes de putes de chez San Marina. On ne sait plus si l’on est dans un mauvais Kubrick ou dans un bon Dorcel.
    - Tu disais quoi Lucien ? me demande Steffie.
    - Non rien, c’était juste des considérations d’ordre cinéphilique, rien d’important.
    - Je m’ennuie !
    - Je sais bien, mais à part mater ces Tom Cruise du sentier, je ne peux même pas te proposer d’aller batifoler quelque part. C’est aussi bandant qu’un thé dansant par ici !
    - Oui je sais, ils demandent un mot de passe à l’entrée de la salle des cérémonies.
    - Quoi ?!
    Je manque de m’étouffer avec ma coupe de mauvais Champagne tiède comprise dans la participation aux frais.
    - En allant aux toilettes tout à l’heure, je suis passée devant un autre rideau avec un autre type bizarre qui faisait rentrer des couples. Je lui ai demandé où ça menait et il m’a répondu qu’il fallait le second mot de passe pour accéder à cette partie-là.
    - Merde ! C’est trop con que j’ai pas accès au portable pour appeler Raf à Paris. Il aurait pu l’ouvrir lui ce foutu fichier. Si je redemande le code à quelqu’un, on va encore se faire repérer. Et je doute qu’ils acceptent mon mail à nouveau.
    - Attends, laisse-moi faire, je reviens tout de suite !

    Quelques minutes plus tard, Steffie revient et m’entraîne par la main en direction d’un long couloir qui mène à un grand rideau. Je la vois qui chuchote quelque chose au physio de service et celui-ci nous fait passer sans rechigner sous le velours pourpre épais.
    - Mais comment t’as fait ? Je comprends plus rien !
    - Je suis juste rentrée dans les chiottes des mecs où un Tom Cruise blond finissait de se laver les mains. Je lui ai baissé son froc, je lui ai foutu un doigt dans le cul et je lui ai léché les couilles jusqu’à ce qu’il me lâche le mot de passe. Un vrai jeu d’enfant ! Le mec était même à deux doigts de me lâcher le code de sa Visa Premier en même temps que le reste, dis donc !
    - Et alors ?...

    …Alors vous pourrez retrouver la suite de ce récit dans le prochain Queutard Mag ou en appelant le 0800 666 999 (0,69 euro la minute) où Steffie se fera un plaisir de répondre à toutes vos questions avec sa voix spéciale pute russe.
    Spassiba Steffie !

Par Lucien
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