Dimanche 17 juin 2007
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D’elle je ne connaissais rien, ou si peu. Juste quelques clichés flous qui alimentèrent une foule de clichés fous, un jardin secret laissé un peu en friche et une voix lunaire qui ponctuait ses appels de silences, multipliant les points d’interrogations là où tout ne devait être que suspension.
Nous avions convenu d’un terrain neutre, la carte nous indiqua un terrain vague. Ce genre d’aires de jeu qui ne sert plus qu’à cela. Une jachère mise à disposition d’adultes à la recherche d’un second souffle. Les cris des enfants ont laissé place au piétinement furtif de fourrés de ronces. Les emballages de sucreries se sont envolés depuis longtemps. Quelques capotes éparses et sèches jalonnent le périmètre comme pour baliser un sentier de mortelle randonnée.
Elle m’attendait au point de rendez-vous, là où un panneau miteux indiquait l’ancienne présence du départ d’un parcours santé. Nous avons souri, le hasard a voulu qu’il ne figure plus sur aucune de nos cartes respectives. Je lui ai demandé si ça ne la dérangeait pas de passer en premier dans le sentier, elle m’a répondu qu’elle ne croyait plus aux serial-killers depuis longtemps, qu’elle ne croyait plus en rien d’ailleurs.
Elle aurait tout de même eu des raisons de se méfier d’un type comme moi. Au lieu de cela, elle ondulait sous mon nez son petit cul en jean que j’aurais pu casser comme une vulgaire branche de mûrier sauvage.
Nous nous sommes installés là où le parcours semblait indiquer une pause. Elle paraissait encore plus belle que le plus beau flou d’elle que je connaissais. Et au lieu de se jeter l’un sur l’autre en venant polluer le site d’un ou deux nouveaux monuments à la petite mort, nous nous sommes simplement contentés de longs regards silencieux à en perdre le souffle devant un panneau qui nous expliquait comment le retrouver.
Un coquelicot est venu s’écraser sous la semelle de ses chaussures à talons qu’elle avait prévus hauts pour l’occasion. En temps normal, je serais venu me finir comme un rustre sur ses orteils manucurés et compressés après une bonne vieille levrette claquée contre le premier tronc venu. J’ai préféré lui extraire les mots qu’elle m’avait dérobé en lui dévorant la bouche comme un affamé.
J’ai senti ses battements cardiaques s’accélérer sous sa poitrine outrageusement gonflée. J’ai senti sa chatte en jean se coller contre ma cuisse en lin comme une plante carnivore. Elle a senti mon corps spongieux se gorger progressivement de sang et mes couilles se rétracter à en hurler. Nous avons senti nos fluides bouillonner, nos artères marteler, nos muqueuses s’irriguer, nos sécrétions suinter. Nous avons senti nos organismes se remettre en branle, nos organes vitaux se courbaturer, nos sens se réveiller, nos phéromones exhaler, nos pouvoirs de séduction ressusciter.
Le spectre du parcours Vita prenait peu à peu possession de nos corps. Nous nous sommes retrouvés dénudés et semi-inconscients, entourés de petits rondins d’une vingtaine de centimètres de hauteur, au pied d’un panneau indiquant «Pas de Géants». Nous avons lentement échangé nos regards sans rien dire. Tout ce que nous aurions voulu exprimer était gravé en trois mots dans le bois, sous nos yeux.
Par Lucien
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Publié dans : Mixages
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Une Drosera, une Sarracenia, une Dionaea, une Utricularia, une Nepenthes, une Darlingtonia, une Heliamphora, ... avec laquelle de ces douces dévoreuses as-tu fricoté ????
Ma préférée la Nepenthes rajah ;-D
Désormais je peux enfin visualiser à quoi peut bien ressembler un préservatif féminin...
ça évoquait autre chose à mes yeux mais bon si tu le dis ;)
Je te trouve en grande forme, Lulu ! Poésie acide, érotisme désenchanté... j'aime beaucoup.
Ben quoi elle a bien une forme phallique cette plante !
Au fait, j'avais raison, qui cherche, trouve !
La femme parfaite ne peut être que virtuelle, enfin Lucien !
on ne connait jamais les gens, même celui avec lequel on vit 24h/24, c'est à dire soi même.
Une femme virtuelle rencontrée reste-t-elle virtuelle? but who is she pour réussir ce tour de force?
Prends soin de toi !
shut up !
Prends soin de toi toi même.
kisssssssssssssssss
sandrine-coquine
Just sous le charme me too !
Oui Lulu ! Les orteils manucurés... et aussi une bouche maquillée.
Je me tais alors :)
Je vais pas gâcher ma semence sur de vulgaires Puma en toile...)
si je puis contribué à une raideur phallique ...voilà un commentaire de plus pour vous !
kiss
Pour la raideur phallique, encore eut-il phallus que nous nous rencontriâmes pour de vrai...
est-ce parce que tu aimes mon prénom qu etu me nommes par mon prénom et fait tomber mon anonymat ?
Ou bien nous connaîtrions nous ?
kiss
On va dire que oui, j'aime ton prénom et non, nous ne nous connaissons pas (encore)...